L'abondance n'est pas l'argent : ce que le mot désigne vraiment
Quand quelqu'un vient pour une question matérielle, ce qui remonte ne parle presque jamais de sommes. Ça parle de circulation, de blocage, de place.
Je reçois beaucoup de demandes formulées en chiffres : est-ce que je vais m'en sortir ce mois-ci, est-ce que ce projet va rapporter. Je préviens toujours : je ne donne pas de chiffres, ni de dates. Ce n'est pas de la prudence, c'est que ça ne se présente pas comme ça.
Ce qui vient, ce sont des mots de mouvement. « Circule », « resserre », « ouvre », « attends ». Ils décrivent un état — quelque chose qui coule ou qui stagne — pas un montant. Et l'expérience m'a appris que cet état précède presque toujours le chiffre.
L'abondance, dans ce que je reçois, ressemble à de la place disponible. Quand quelqu'un est saturé — d'engagements, de dettes anciennes, de choses qu'il traîne — rien n'entre, quoi qu'il tente. Quand quelque chose se libère, ça revient, souvent par un chemin qu'il n'avait pas envisagé.
Ce n'est pas une pensée magique et je ne prétends pas que vouloir suffit. Je dis seulement que le mot qui remonte désigne l'endroit où ça bloque, et que c'est un point de départ concret plutôt qu'une promesse.
Grinta