Les signes qu'on prend pour des coïncidences
L'heure double, l'odeur qui traverse une pièce, la chanson au mauvais moment. Je ne dis pas que tout est un signe. Je dis qu'il y a une façon de faire la différence.
Je vais commencer par ce qui va décevoir : la plupart des choses qu'on me rapporte comme des signes n'en sont pas. Une heure double sur une horloge, un oiseau sur un rebord de fenêtre — ça arrive tous les jours à tout le monde.
Ce qui distingue un signe, d'après ce que j'observe, ce n'est pas l'événement. C'est la manière dont il tombe. Un vrai signe arrive à un moment où vous êtes en train de penser précisément à la personne, et il porte quelque chose qui n'appartient qu'à elle — une odeur particulière, une expression qu'elle seule employait, un objet qui n'avait de sens que pour vous deux.
L'autre marqueur, c'est ce que ça produit chez vous. Une coïncidence vous fait sourire, puis vous passez à autre chose. Un signe vous cloue sur place. Il y a une seconde où vous savez, avant d'avoir eu le temps de raisonner.
Je conseille souvent de les noter, avec la date et ce que vous faisiez à ce moment-là. Au bout de quelques mois, on voit apparaître une régularité — des périodes de l'année, des moments de la journée. Et c'est en général à ce moment-là que ça devient difficile de continuer à parler de hasard.
Grinta