La planche ou le miroir : lequel choisir, et pourquoi ce n'est pas la même chose
Ce sont deux gestes différents. L'un descend chercher ce qui pèse, l'autre capte ce qui éclaire. Les confondre, c'est poser sa question au mauvais endroit.
Je travaille avec deux supports et on me demande souvent lequel est « le plus puissant ». Aucun des deux. Ils ne servent simplement pas à la même chose.
La planche va chercher en arrière et en bas. C'est l'outil du lien rompu, de l'absent, de ce qui est resté en travers. Quand vous venez pour quelqu'un qui n'est plus là, ou pour une situation dont vous sentez qu'elle traîne une vieille histoire, c'est là qu'il faut aller. Les mots qui en remontent sont souvent secs, parfois durs, rarement flatteurs.
Le miroir fonctionne à l'inverse. Il ne descend pas, il capte ce qui vient d'en haut — des présences bienveillantes, tournées vers ce qui est encore devant vous. Les mots y sont orientés vers l'action : ce que vous pouvez faire maintenant, dans quelle direction pousser.
Une règle simple, si vous hésitez. Votre question porte-t-elle sur quelqu'un ou quelque chose qui est déjà passé ? Prenez la planche. Porte-t-elle sur ce que vous devez faire ensuite ? Prenez le miroir. Et si les deux se mêlent — c'est fréquent — commencez par la planche : on ne construit pas grand-chose au-dessus de ce qui n'a pas été réglé.
Grinta