Je n'écris pas pour convaincre. J'écris ce que je constate, y compris quand ça contredit ce qu'on raconte habituellement sur ce métier.
L'heure double, l'odeur qui traverse une pièce, la chanson au mauvais moment. Je ne dis pas que tout est un signe. Je dis qu'il y a une façon de faire la différence.
Ce sont deux gestes différents. L'un descend chercher ce qui pèse, l'autre capte ce qui éclaire. Les confondre, c'est poser sa question au mauvais endroit.
On me le demande avec beaucoup de pudeur, souvent en s'excusant presque. Il n'y a pas à s'excuser : ce sont parmi les présences les plus nettes que je reçoive.
Quand quelqu'un vient pour une question matérielle, ce qui remonte ne parle presque jamais de sommes. Ça parle de circulation, de blocage, de place.
C'est le sujet qui revient le plus, et de loin. Ce que je constate, c'est que les réponses portent rarement sur l'autre — presque toujours sur le lien lui-même.
Ni transe, ni voix d'outre-tombe, ni table qui bouge. Une séance ressemble beaucoup plus à une écoute attentive qu'à ce que le cinéma en a fait.
On imagine une voix, des mots enchaînés, une conversation. Ce n'est jamais comme ça que ça se présente. Voilà ce que je reçois réellement, séance après séance.