Le contact avec un défunt : ce qui se passe vraiment pendant une séance
Ni transe, ni voix d'outre-tombe, ni table qui bouge. Une séance ressemble beaucoup plus à une écoute attentive qu'à ce que le cinéma en a fait.
Il ne se passe rien de spectaculaire. Je m'installe, je pose ce que vous m'avez confié devant moi, et j'attends. Ce n'est pas une convocation : je ne fais venir personne. Je me rends disponible, et parfois quelque chose se présente.
Ce que je perçois n'a pas de son. C'est plus proche d'une pression, d'une direction, d'une insistance sur un point précis. Quand ça devient assez net pour se cristalliser en un mot, je le note. Quand ça ne vient pas, je le dis aussi — c'est plus rare, mais ça arrive, et je préfère le dire que d'inventer.
Une chose que les gens comprennent mal : la présence qui se manifeste n'est pas toujours celle qu'on attendait. On vient pour sa mère et c'est un grand-père qui prend la place. Je ne choisis pas. Je rapporte ce qui vient, y compris quand ça ne correspond pas à la commande.
Et il faut le dire clairement : le contact ne répare pas le deuil. Il déplace quelque chose, il apaise souvent, il donne une direction. Mais il ne remplace pas le temps, ni l'aide de quelqu'un dont c'est le métier quand la douleur reste installée.
Grinta